L'ïle prison

Du port, une allée de platanes aux troncs blanchis à la chaux  vous amène à l'ancienne prison. Les cellules,  fraîches et plutôt spacieuses, pourraient faire office de chambres si les îliens n'avaient emporté tout ce qui était en bois, portes et fenêtres comprises, et ne s'intéressaient depuis peu aux pavements de mosaïques multicolores.

L'odeur de latrines qui flotte en permanence, comme si une armée en campagne venait d'y faire relâche, ne doit pas rebuter l'amateur de curiosités. En effet les cellules s'ornent de fresques de différentes tailles toutes réalisées par les prisonniers dont ce fut l'unique occupation durant leur incarcération, selon le vœu du fondateur de ce lieu.

On notera plus particulièrement dans la cellule 61 une pneumatique — espèce de sirène en tricot rayé — et, dans l'ancien cachot, une fresque au format d'une carte postale dont le caractère profane d'inspiration orléanaise n'est pas sans rappeler le tableau de Michel Corneille : Esaü cède à Jacob son droit d'aînesse

Penser à se munir de bottes de caoutchouc et d'une lampe torche.