L'île est couverte de hauts murs qui enferment de minuscules jardins de faïence. Ce sont des lieux privés où les familles viennent honorer les héros choisis pour la durée de l'année et qu'elle mettront symboliquement à mort dès la venue du printemps.
Ainsi, au fil des générations, fleurs et couronnes de faïence, aux couleurs fades de pâtes d'amandes, ont peu à peu envahi les enclos et recouvert les murs de pierres blanches. Quant aux héros protecteurs qui n'auront pas donné satisfaction, ils figurent sous forme de vieux boutons jetés pêle-mêle dans des bassines ébréchées ou des seaux percés à l'entrée des jardins, pour bien montrer le mépris dans lequel on les tient.
Fleurs et couronnes. J.D