L' édification des grands calvaires bretons s'échelonne des années 1450 jusqu'au milieu du 17e siècle :
deux siècles et demi qui correspondent à une période de prospérité pour le duché
de Bretagne et à l'âge d'or de l'art religieux.
Les scènes retracent la vie terrestre de Jésus, son enfance, sa Passion
relatées dans les évangiles et les légendes chrétiennes, sans souci d’ordre chronologique et sans
prétendre à l’exhaustivité. Il n'est pas fait mention des prédications de
Jésus, pas plus que de ses miracles ou de ses paraboles.
Souvent plusieurs évangiles ont servi à
composer une scène dont l’aspect anecdotique aurait eu une valeur pédagogique :
les calvaires servant de support à une leçon d’histoire sainte théâtralisée.
Le déploiement
du récit a influé sur la structure du calvaire. Au
crucifix on ajoute un ou plusieurs croisillons transversaux sur lesquels
se placent les témoins ; deux gibets portent les deux
larrons attachés, et la mace prend de l’ampleur. Ainsi sur
deux niveaux, des statues, des bas-reliefs et hauts-reliefs présentent
le parcours terrestre du Christ jusqu'à sa résurrection.