En
Bretagne, du milieu du XVe
au milieu du XVIIe siècle, ont été érigés des calvaires
plus ou moins imposants qui, à partir du XVI° siècle, seront parfois
certains intégrés à des enclos paroissiaux. Ces enclos avaient
pour centre le cimetière et la porte qui y menait symbolisait l’entrée
du juste dans l’immortalité.
Les calvaires historiés les
plus importants sont localisés dans les limites de trois anciens évêchés de
Bretagne : Saint-Pol de Léon, Tréguier et Quimper, que recouvre en
partie l’actuel département du Finistère.
Ces monuments sont l’œuvre d’artistes
de villages ou d’ateliers itinérants. Quelques-uns d’entre-deux portent
la signature de leur auteur comme Henry Prigent à
Pencran et Plougonven ; Guillevic à Guéhenno, Rolland Doré
à Saint-Thégonnec… Tous ont été plus ou moins détruits,
remaniés, complétés ou restaurés durant les
siècles.
D’un
calvaire à l’autre, si les scènes se ressemblent souvent, le
traitement des formes varie : ainsi à Guimiliau l’ensemble
de la statuaire se distingue par son aspect mouvementé tandis qu’à
Plougastel-Daoulas les attitudes sont solennelles, voire figées…
Plusieurs évangiles ont pu servir à composer une scène dont l’aspect
anecdotique aurait eu une valeur pédagogique : les calvaires servant de
support à une leçon d’histoire sainte théâtralisée.
Les sculpteurs
ont aussi exprimé des influences extérieures à la
Bretagne que l’on retrouve dans l’art architectural et chrétien
: influences angevines, poitevines ou anglo-normandes qu’exprimeront
l’iconographie et la stylistique. De même, ils ont traduit les mystères
de la Passion : les taolennou de Michel de Nobletz, tableaux allégoriques
aux couleurs vives, les processions à personnages du Père Maunoir…
Les scènes que l'on retrouve sur les
calvaires retracent la vie terrestre de Jésus, son enfance et sa
Passion relatées dans les évangiles, sans souci d’ordre chronologique et sans
prétendre à l’exhaustivité. On ne trouvera aucune allusion aux prédications de Jésus, aucune
représentation des miracles ou des paraboles.