Gants à la frangipane, gants faits avec une peau parfumée.
J'ai fait ce que j'ai pu la semaine passée pour trouver de bons gants à la frangipane.
"Et j'advouë bien que dans les cabinets d' yvoire, chantez par le pseaume quarante-quatriesme ; que dans la garderobe du Roy David, et dans celle du Roy Salomon, il pouvoit y avoir des parfums tres-rares et tres-exquis : mais je soustiens qu' on ne parloit pas plus d' ambre-gris en ce temps-là, que des peaux d' ambrete et des gans de frangipane."
POUDRE POUR SACHET A LA FRANGIPANE
Racine d'iris pulvérisée. 100 grammes.
Vetyver pulvérisé........ 10 gr.
Santal pulvérisé.......... 28 gr.
Patchouli.................... 20 gr.
Essence de santal....... 0gr. 20 centigr.
Musc.......................... 0gr.20 gr.
La
parfumerie classique était, en effet, peu diversifiée, presque
incolore, uniformément coulée dans une matrice fondue par d'anciens
chimistes; elle radotait, confinée en ses vieux alambics, lorsque la
période romantique était éclose et l'avait, elle aussi, modifiée,
rendue plus jeune, plus malléable et plus souple.
Son histoire
suivait, pas à pas, celle de notre langue. Le style parfumé Louis XIII,
composé des éléments chers à cette époque, de la poudre d'iris, du
musc, de la civette, de l'eau de myrte; déjà désignée sous le nom d'eau
des anges, était à peine suffisant pour exprimer les grâces cavalières,
les teintes un peu crues du temps, que nous ont conservées certains des
sonnets de Saint-Amand. Plus tard, avec la myrrhe, l'oliban, les
senteurs mystiques, puissantes et austères, l'allure pompeuse du grand
siècle, les artifices redondants de l'art oratoire, le style large,
soutenu, nombreux, de Bossuet et des maîtres de la chaire, furent
presque possibles; plus tard encore, les grâces fatiguées et savantes
de la société française sous Louis XV, trouvèrent plus facilement leur
interprète dans la frangipane et la maréchale qui donnèrent en quelque
sorte la synthèse même de cette époque; puis, après l'ennui et
l'incuriosité du premier Empire, qui abusa des eaux de Cologne et des
préparations au romarin, la parfumerie se jeta, derrière Victor Hugo et
Gautier, vers les pays du soleil; elle créa des orientales, des selam
fulgurants d'épices, découvrit des intonations nouvelles, des
antithèses jusqu'alors inosées, tria et reprit d'anciennes nuances
qu'elle compliqua, qu'elle subtilisa, qu'elle assortit elle rejeta
résolument enfin, cette volontaire décrépitude à laquelle l'avaient
réduite les Malesherbes, les Boileau, les Andrieux, les Baour-Lormian,
les bas distillateurs de ses poèmes.