(ANONYME)
ACTE II, Scène I. – L’IMPATIENT, LE BARBIER.
L’IMPATIENT
Quand je m’envole au ciel mon oiseau devient chaud,
Tel Icare jadis qui navigua trop haut,
Avant que de chuter j’aimerais un remède.
LE BARBIER
En ce cas, la raison à la nature cède
L’érectile boyau, que l’on voit irrité,
Montre que le cerveau n’a plus autorité
Pour imposer au flux l’énergique défense
De quitter le plancher des vaches qui l’offense :
Sans plus de gravité et sans submission
On n’en peut obtenir de satisfaction.
L’IMPATIENT
Pour le restant des jours et des nuits de ma vie ?
LE BARBIER
Pas si mes cures sont à la lettre suivies :
J’ordonne des saignées .Je sens votre courroux,
Si je vous en prescris, désobéirez-vous ?
L’IMPATIENT
Me traiter en pourceau c’est me manquer d’estime
Et juger mes plaisirs volages comme un crime.
Je préférerais un traitement moins présent :
Des onguents me semblent grandement suffisants.
LE BARBIER
Hélas non ! votre mal est trop considérable,
Et gardez-vous sous peu d’être son redevable.
Vos ardentes braises, vous le devez savoir,
Ne resteront longtemps postées à leur devoir :
On court vers l’incendie. Faites-moi confiance.
L’IMPATIENT
Vous parlez par on-dit ou par expérience ?
LE BARBIER
Le dit de l’herberie guérit un puissant roi.
L’IMPATIENT
Avait-il ses chaleurs au même endroit que moi
Ou d’un autre lieu dit lui venait son supplice ?
Ne me direz-vous rien avant que je périsse ?
QUESTIONS.
Une saignée de précaution peut-elle prévenir d’une attaque d’apoplexie ?
Quel rôle joue la bouse de vache dans l’onguent de Saint-Fiacre ?
Le « dit de l’herberie » : mythe ou réalité ?
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Pour les rimes d'un dénommé Corneille , le texte complet du Cid est disponible s ur le site Gallica classique de la BNF
Le CID
DON ARIAS, LE COMTE
LE COMTE
Je l'avoue entre nous, mon sang un peu trop chaud
S'est trop ému d'un mot, et l'a porté trop haut ;
Mais puisque c'en est fait, le coup est sans remède.
DON ARIAS
Qu'aux volontés du roi ce grand courage cède :
Il y prend grande part, et son coeur irrité
Agira contre vous de pleine autorité.
Aussi vous n'avez point de valable défense.
Le rang de l'offensé, la grandeur de l'offense,
Demandent des devoirs et des submissions
Qui passent le commun des satisfactions.
LE COMTE
Le roi peut, à son gré, disposer de ma vie.
DON ARIAS
De trop d'emportement votre faute est suivie.
Le roi vous aime encore ; apaisez son courroux.
Il a dit : « Je le veux » ; désobéirez-vous ?
LE COMTE
Monsieur, pour conserver tout ce que j'ai d'estime,
Désobéir un peu n'est un si grand crime ;
Et quelque grand qu'il soit, mes services présents
Pour le faire abolir sont plus que suffisants.
DON ARIAS
Quoi qu'on fasse d'illustre et de considérable,
Jamais à son sujet un roi n'est redevable.
Vous vous flattez beaucoup, et vous devez savoir
Que qui sert bien son roi ne fait que son devoir.
Vous vous perdrez, monsieur, sur cette confiance.
LE COMTE
Je ne vous en croirai qu'après l'expérience.
DON ARIAS
Vous devez redouter la puissance d'un roi.
LE COMTE
Un jour seul ne perd pas un homme tel que moi.
Que toute sa grandeur s'arme pour mon supplice,
Tout l'État périra, s'il faut que je périsse.
(...)