Les miracles

Un jour on lui avait amené un enfant sur le point d'être étouffé par une arête de poisson. Sardin le guérit.
Un autre jour qu'il traversait la mer sur un navire, une tempête éclata, le naufrage était inévitable. Mais Sardin, éclairé de Dieu, déclara au pilote que la tempête cesserait sous peu, ce qui fut fait..
Un autre jour encore, il prit un couteau, et, l'amour guidant sa main, il lacéra la poitrine d'un prisonnier qui refusait d'abjurer le plus grand des maux qui est d'être juif , jusqu'à former les verset de l'Apocalypse de Jean disant au supplicié : « Ta poitrine servira d'autel !", et à ses compagnons: «Vous qui m'entourez, formerez le temple qui nous dérobera aux regards des profanes. ». Le saint gagna le combat.

Lorsque Sardin défunta devant Tunis, suite à une caquesangue, son compagnon d'arme, le seul survivant de la troupe, raconta que le bienheureux avait accompli de nombreux miracles dans différents déserts en métamorphosant à volonté des cailloux en pains de seigle ou en topinambours et des scorpions en homards; ne craignant ni la queue des uns ni les pinces des autres
Hélas ! ces choses édifiantes ne furent révélées qu'à la mort du saint qui, en raison d'une grande modestie, avait formellement interdit d'en parler de son vivant par crainte d'une trop grande publicité.

Comme on ne pouvait laisser le corps de cet homme prodigieux en terre barbare, il fut découpé en mille et un morceaux et enseveli dans des boîtes de conserve afin de faciliter son transfert vers la bonne ville de Douarnenez et le protéger ainsi de la corruption et des souillures.