Icarette

L'icarette symbolise la folie des grandeurs par sa capacité à se gonfler outre mesure  et – telle une baudruche qu'on lâche - à se vider brutalement de tout l'air contenu pour s'envoler d'un coup. 
Cet envol qui à son point le plus haut tient en une petite dizaine de centimètres  n'est guère impressionnant. Mais si on appliquait à l'éléphant la propriété pneumatique de l'icarette, on le verrait s'élever  d'un coup les airs sans aucun effort jusqu'au balcon d'un sixième étage. On serait alors surpris, ravi, effrayé aussi à l'idée de la chute à venir.
Si l'on observe l'icarette à la loupe, on ne peut que le comparer à une poire à lavement tant par sa forme que par la couleur vieux rose chair de ses écailles.
Elle possède avec le caoutchouc artisanal ou industriel son élasticité qui a fait sa fortune et lui envierait  l'éléphant dont nous venons de voir les prouesses s'il la voyait retomber sur ses pattes avec la grâce d'une puce de chat et la légèreté de celle d'un rat.



" Les chanteuses s'étaient tues. On n'entendit plus que la respiration caverneuse du druide Rug d'ab Fihr, le grésillement du feu de gui, les éternuements contenus des prêtresses en petite tenue. Rug d'ab Fihr leva son regard vers le ciel et, tandis qu'il  prononçait les paroles qui feraient reculer les ténèbres, il écrasa entre pouce et index une petite cage en or où était retenue captive depuis le solstice d'été l'icarette sacrée; Gurmine d'ath Garbur, la jeune vierge qui avait élevé la suppliciée, les yeux brûlants de larmes, la gorge obstruée de sanglots, ne pu retenir un cri de douleur, heureusement couvert par la clameur de la foule assemblée."

La légende d'Elyzée.