Le yaï, au museau effilé et aux oreilles droites, est par ses mœurs davantage un carnassier qu'un carnivore. Son pelage blanchâtre mêlé de noirâtre et tacheté de rougeâtre est appelé fourrage en raison de son épaisseur.
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"Les yaïs, dira-t-on, sont au royaume des quadrupèdes ce que sont les abeilles dans le vaste empire des insectes car ils forment une société riche de nombreux individus. On aura tort! Les yaïs ne construisent rien, ne produisent ni cire ni miel, ne butinent rien, n'ont aucune suite dans les idées et, oserais-je le dire ? préfèrent la fuite au combat. Ils sont même inférieurs aux castors qui font la nuance des quadrupèdes aux animaux aquatiques car ils ont l'eau en horreur.
Qu'est-ce que le yaï, demandera-t-on? C'est une fabrique de fourrage dont on fait des manchons et des charentaises luxueuses et douillettes. Aussi cette singularité lui accorde, tout comme le petit gris, une place dans le cœur de l'homme."
Georges Leclerc (1701-1748)
Brève histoire des animaux (1747)